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LA TRADITION DES PARRAINAGES MILITAIRES

UNE TRADITION PLUSIEURS FOIS SÉCULAIRE

Le parrainage de bâtiments de guerre est une tradition qui, selon les historiens, remonterait, en France, à l'époque de Charles VI. Mais, ce n'est que sous Louis XV que des villes, des états de province, et même des guildes et des corporations financèrent et donnèrent ainsi naturellement leur nom à des navires qui devaient, par la suite, constituer la grande flotte de Louis XVI, et que, malheureusement, la Révolution allait démanteler. Ces collectivités avaient été invitées par le ministre Choiseul Stainville à verser leur contribution pour « sponsoriser » ses navires de guerre : du latin sponsor qui signifie « parrain » !

Ainsi, grâce à ces « dons », autre façon de qualifier alors les financements publics, fût-il possible de construire des vaisseaux de ligne de 110 ou de 90 canons, c'est-à-dire ce que l'on savait faire de plus lourd et de plus puissant pour l'époque. Il n'est donc pas surprenant de relever que ces navires de guerre aient pu s'appeler « La Ville de Paris », « Le Marseillois », « La Bretagne », « Le Bordelais », etc.

Cette pratique, guidée à l'époque par de seules considérations économiques, permit de constituer la plupart des marines de guerre, non seulement en France avec la marine royale, mais également dans toute l'Europe, et même en Asie.

Si cette tradition n'a concerné, en France, que la seule marine de guerre, ailleurs en Europe elle put concerner aussi, ici ou là, des régiments des armées de Terre.

ACTUALITÉ DES PARRAINAGES MILITAIRES

De nos jours, bien entendu, l'aspect financier et économique a disparu : les liens ne sont plus d'argent, mais de cœur ! Aussi, le parrainage représente-t-il une symbolique forte qui unit la collectivité marraine à son filleul, ainsi que la dimension affective qui s'y attache. C'est l'une des raisons de l'obligation d'une décision unanime du Conseil municipal, du Conseil départemental, ou du Conseil régional. Cette stricte condition garantit à la fois la pleine et entière motivation de la collectivité, et la nécessaire neutralité politique de cette décision.

EXTENSION HISTORIQUE DES PARRAINAGES MILITAIRES

L'Association des Villes Marraines (AVM) a été créée le 24 mai 1986 avec l'appui du Chef d'État-major de la Marine de l'époque, l'Amiral Yves LEENHARDT (†), et rassemblait à cette date les 147 communes parrainant les navires militaires, et ce, sans trop de formalisme. L'une des missions initiales de l'AVM a été de faire prendre conscience à ces communes du privilège dont elles bénéficiaient et d'élaborer un concept, ainsi qu'un processus administratif rigoureux et incontournable, de manière à lui conférer un caractère intangible s'inscrivant dans le temps, pour la durée d'existence de l'unité militaire.

Les premières années, le succès de cette initiative de l'AVM a été tel que, très rapidement, la pertinence du concept pour d'autres spécialités de la Marine s'est posée. C'est ainsi qu'à partir de 1987 les Sous-marins Nucléaires d'Attaque (SNA), puis dès 1993 les formations de l'Aéronautique navale, et les Commandos de la Marine ont été admis au bénéfice de parrainages militaires. À compter de 2013, les Sous-marins Nucléaires Lanceurs d'Engins (SNLE) furent agréés.

Forte de l'expérience acquise auprès de la Marine, l'AVM suggérait en 1994 au Ministre de la Défense l'extension des parrainages militaires par les collectivités territoriales à l'ensemble des unités opérationnelles des forces armées, ce qui fut validé d'abord pour l'armée de l'Air (dès 1995) et pour l'armée de Terre (en 1996), et pour la Gendarmerie nationale (à partir de 1999). Une unité opérationnelle se caractérise par sa nature combattante et sa mobilité.

Ayant pris ses fonctions à la tête de l'armée de l'Air le 1er juillet 1994, le Général d'armée aérienne Jean-Philippe DOUIN confiait d'emblée l'étude de la transcription des textes et de la faisabilité des parrainages militaires pour son armée au Commissaire Général de brigade aérienne (cr) Henri MULOTTE, alors Délégué du Patrimoine de l'armée de l'Air. Un travail de recensement de liens, certes informels, mais déjà établis d'unités aériennes existantes, et la volonté de les formaliser selon le concept de l'AVM, devait conduire à la rédaction et à la signature d'une « note provisoire » en date du 5 juillet 1995, toujours en vigueur. Celle-ci s'appliquât concrètement avec la prise de fonctions du Général d'armée aérienne Jean RANNOU, le 1er septembre 1995. C'est ainsi qu'une vingtaine de liens avec des escadrons de chasse, de transport, et de défense Sol-Air, purent être répertoriés comme autant de nouveaux parrainages militaires de l'armée de l'Air à compter de cette date.

De la même manière, le nouveau Chef d'État-major de l'armée de Terre, le Général d'armée Philippe MERCIER, confiait-il, dès sa nomination, le 28 août 1996, l'extension des parrainages militaires et la rédaction des textes appropriés au bénéfice des unités opérationnelles de son armée au Chef du SIRPA/Terre, le Général de brigade Alain RAEVEL, et à son adjoint, le Colonel Jean-Rémy COMPAIN.

Enfin, à compter de l'année 1999, le Directeur Général de la Gendarmerie nationale, le Préfet Bernard PRÉVOST, chargeait le Colonel Marc WATIN-AUGOUARD, Chef du SIRPA/Gendarmerie, de la transcription des textes existants pour les trois armées aux unités opérationnelles de son Arme, constituées des trois régiments de la Garde Républicaine et des escadrons de Gendarmerie mobile.

Le 26 juin 2001, au Cercle National des Armées à Paris, les trois Chefs d'État-major d'armées, l'Amiral Jean-Luc DELAUNAY pour la Marine, le Général d'armée aérienne Jean-Pierre JOB pour l'armée de l'Air, et le Général d'armée Yves CRÈNE pour l'armée de Terre, signaient de concert les « Protocoles de partenariat interarmées », qui devaient également être cosignés, dans les mêmes termes, par le nouveau Directeur Général de la Gendarmerie nationale, le Préfet Pierre STEINMETZ, le 21 février 2002.

Ainsi, en moins de 15 ans, l'AVM aura-t-elle mis en forme des directives propres à chaque composante des forces armées, en effectuant un travail considérable et remarquable au profit de l'approfondissement du lien Armée-Nation. Aujourd'hui encore, elle est liée à chacune des quatre composantes des forces armées par ces protocoles de partenariat, dont les textes sont cohérents et homogènes.

Cet accomplissement aurait été vain sans l'appui, les encouragements, et l'enthousiasme des chefs militaires cités plus haut, et des officiers qu'ils ont désignés pour conduire à bien cette mission. Il convient de les nommer ici : les Amiraux Yves LEENHARDT (†) et Bernard LOUZEAU, le Préfet Érard CORBIN de MANGOUX et le Vice-Amiral (cr) Michel BENEDITTINI, pour la Marine; le Ministre de la Défense François LÉOTARD qui autorisa l'extension; les Généraux d'armée aérienne Jean-Philippe DOUIN (†) et Jean RANNOU, et le Commissaire Général de brigade aérienne (cr) Henri MULOTTE et le Général de brigade aérienne (cr) Hervé REMY, pour l'armée de l'Air; le Général d'armée Philippe MERCIER, et le Général de brigade Alain RAEVEL et son adjoint, le Colonel Jean-Rémy COMPAIN, pour l'armée de Terre; les Préfets Bernard PRÉVOST et Pierre STEINMETZ, et le Général d'armée (cr) Marc WATIN-AUGOUARD, pour la Gendarmerie nationale.

L'Association des Villes Marraines des forces armées leur exprime sa profonde reconnaissance et ses plus vifs remerciements, pour le travail remarquable accompli ensemble durant toutes ces trente dernières années.

 

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